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agriculture

Mardi 29 mai 2007 2 29 05 2007 20:30

Article paru dans Report´erre, journal de l´association Terre Nourricière 

 

C´est en partant à la rencontre d´écolieux en Europe que nous avons découvert la permaculture. Il s´agit d´un ensemble de pratiques et de mode de pensée visant à créer une production agricole soutenable respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques: La permaculture integer le milieu dans sa globalité: chaque élément á plusieurs fonctions et chaque function integrer plusieurs elements. Par exemple, un arbre peut servir de coupe vent, d´ombre mais aussi de sources de fruits ou de support pour d´autres plantes.

 De l´agriculture sauvage à la permaculture

Ayant pratiqué pendant des années « l´agriculture sauvage », Masanobu Fukuoka est reconnu aujourd´hui dans la permaculture comme l'un de ses précurseurs. Il a développé une conception de l´agriculture naturelle qui ne nécessite ni machine, ni produits chimiques et très peu de désherbage. Pour Fukuoka, il s´agit de travailler avec et non contre la nature. Voici les principes de l´agriculture sauvage selon Fukuoka, méthode qu´il qualifie de « non-agir » et qui est à la base de la permaculture:

- Ne pas cultiver, c'est-à-dire ne pas labourer ou retourner la terre. La terre se cultive elle-même (insectes, vers de terre...)

- Ne pas utiliser de fertilisant chimique ou de compost préparé. Pour fertiliser, Fukuoka fait pousser une légumineuse en couverture du sol, le trèfle blanc, remet la paille battue sur les champs (mulch) et ajoute un peu de fumier de volaille. Le paillage protège les plantes de la sécheresse ou des grands froids. Laissé à lui-même, le sol entretient naturellement sa fertilité, en accord avec le cycle ordonné de la vie des plantes et des animaux.

- Ne pas désherber au cultivateur ni aux herbicides. Les mauvaises herbes jouent leur rôle dans la construction de la fertilité du sol et dans l'équilibre de la communauté biologique. C'est un principe fondamental que les mauvaises herbes doivent être contrôlées et non éliminées.

- Pas de dépendance envers les produits chimiques. M. Fukuoka fait pousser ses récoltes sans produit chimique. Le développement des plantes faibles est la conséquence de pratiques contre nature telles que le labour et la fertilisation. Ainsi, la maladie et le déséquilibre des insectes sont devenus un grand problème en agriculture. La nature, laissée seule, est en parfait équilibre. Les insectes nuisibles et les maladies des plantes sont toujours présents, mais n'atteignent pas, dans la nature, une importance qui nécessite l'utilisation de produits chimiques.[1]

C´est dans les années 70 que  le terme permaculture  (contraction de l'expression "permanent culture") est introduit par deux Australiens - David Holmgren et Bill Mollison, pour synthétiser un système intégré conçu pour répondre au défi de la survie de l'ensemble de la planète et de ses habitants. Face aux problèmes de dégradation de l´environnement notamment causés par les industries et l´agriculture, la permaculture synthétiserait des savoirs traditionnels et des connaissances dans des domaines aussi variés que l'écologie, la sociologie (nombreuses références à la la pensée de Pierre Kropotkine, anarchiste russe et penseur de l'Entraide), et l'agronomie.

   

    Les principes éthiques de la permaculture :

Prendre soin de la Terre.

Prendre soin des humain-e-s.

Limiter la consommation/redistribuer les surplus.

   Le développement de la permaculture peut permettre l´autosuffisance d´une communauté. Ainsi la permaculture peut aussi bien être pratiquée sur une terrain familiale, un village, une région, voir même à l´échelle planétaire. Un terrain ayant été cultivé de manière intensive est épuisé. Il faudra des années avant qu´il ne se régénère par la  pratique de la permaculture. Il faut du temps pour recréer un équilibre. Une fois cet équilibre atteint, un terrain en permaculture demande moins de travail pour autant de rendement quelque soit sa taille.

    

     La permaculture, pour une meilleure qualité de vie

   La notion de permaculture dépasse largement le jardinage ou l´agriculture. C´est aussi une manière de vivre, de penser, d´habiter, de s´alimenter, de consommer. Considérer le milieu dans sa globalité et tenir compte des interactions est inévitable pour créer un systeme durable.

    La permaculture devient alors un outil pour vivre tout en préservant l'environnement et nos valeurs sociales. Elle encourage un mode de vie qui inspire un comportement simple, basé sur le bon sens. Elle répond à nos besoins sans avoir de conséquences négatives sur la vie d'autrui pour une protection de l´environnement pour une meilleure qualité de notre nourriture, pour un habitat sain. Bref,  pour une meilleure santé !

Fukuoka a expérimenté ces techniques pendant une quarantaine d´année. Au bout de plusieurs dizaines d'années, en utilisant très peu d´eau, il parvint à cultiver une espèce de riz qui était devenue très robuste à force de sélections naturelles et il obtenait des rendements identiques à ceux de la riziculture classique au Japon. Alors qu´il avait prouvé que « l´agriculture sauvage », naturelle, pouvait être aussi, voir plus performante, que l´agriculture traditionnelle ou l´agriculture utilisant des produits chimiques, et qu'il envisageait d'envoyer des semences de ce riz dans les pays en voie de développement, ses activités ont connu une fin très brutale lorsque l'armée japonaise a saisi et détruit l'intégralité de sa récolte et de ses semences.

A l´heure actuelle, alors que certains prônent l´utilisation des OGM comme l´unique  solution au problème de la famine, d´autres proposent des alternatives telles que la permaculture qui semblent être une alternative beaucoup plus saine pour un avenir durable : parce qu´il dépense moins d´énergie ce mode de production est beaucoup moins cher, et parce qu´il s´adapte à tout type de terrain. L´usage de la permaculture pourrait être une solution au problème de la famine dans les pays en voie de développement tout en les rendant autonomes par rapport aux pays développés.

Thérèse- Marie PICHON et Marine ROBAST

 

Références bibliographiques:

- MOLLISON Bill et HOLMGREM David, Permaculture 1 et Permaculture 2, 1986, Edition Debard (pour l´édition française)

- FUKUOKA Masanobu, La révolution d?un seul brin de paille, 1983, Edition de la Maisnie (pour l´édition française)

- FUKUOKA Masanobu, L´agriculture naturelle, Ed. Guy Trédaniel Editeur

   Permaculture en France:

http://www.eco-bio.info

 http://batirsain.free.fr/pages/articles/perm.htm

Le saviez-vous ?

Le choux, appliqué sur une entorse ou une contusion, a pour effet de calmer la douleur. Testé avec efficacité!

[1] Ekopedia, encyclopédie libre, écologique et gratuite sur internet

http//www.Ekopedia.org

 

 

 

 

Par Train de vie - Publié dans : agriculture
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Samedi 9 juin 2007 6 09 06 2007 18:26
Cyber @ction 218 pour le maintien de l’agriculture biologique ! La France doit soutenir une position ferme Le 10 ou 11 juin prochain, le Conseil européen votera sur un nouveau règlement de l’agriculture biologique. La position de la France est particulièrement importante pour maintenir une production biologique de qualité qui contribue directement à la préservation de l’environnement et des ressources naturelles. Le nouveau règlement sur l’Agriculture Biologique en cours de négociation au sein de l’Union Européenne pourrait représenter un danger majeur pour l’agriculture biologique : - Des dérogations permettant potentiellement d’utiliser des substances chimiques, dont certains pesticides de synthèse, et des intrants issus d’OGM y seraient prévues; - La pollution des produits bio par des OGM y serait tolérée jusqu’au seuil de 0,9%, comme pour les produits de l'agriculture conventionnelle. - Le système d’étiquetage introduirait une nouvelle catégorie permettant de faire référence à la bio sur un produit majoritairement conventionnel, par exemple pour un yaourt contenant uniquement des fraises bio mais fabriqué avec du lait conventionnel. - Le contrôle des « points à risque », en référence au système HACCP, se substituerait à l’actuelle obligation de moyens et contraindrait les producteurs à multiplier les analyses et l’achat d’intrants, de matières premières et autres matériels officiellement « sécurisés », pour un coût financier pénalisant en particulier les plus petits opérateurs, excluant les substances naturelles, les semences traditionnelles et les animaux de renouvellement bio non homologables dans le cadre juridique actuel, et favorisant ainsi les dérogations, voire les obligations d'utilisation de produits chimiques de synthèse. - Le développement de cahiers des charges bio, notamment nationaux (comme celui qui régit le label AB), plus stricts et plus adaptés aux régions que le nouveau cahier des charges européen, n’y serait pas autorisé. Une telle banalisation du cahier des charges de l’agriculture biologique la détournerait de sa nature, de ses spécificités et de ses enjeux. Par conséquent, nous demandons à Madame Lagarde, Ministre de l’agriculture et de la pêche, de ne pas voter pour un règlement européen qui inclurait l’ensemble de ces conditions, ou seulement l’une d’entre elles. Le Parlement européen, et notamment le rapport de Marie-Hélène Aubert sur la production et l’étiquetage des produits biologiques, adopté par une grande majorité des parlementaires européens ce 22 mai, préconise un encadrement strict des productions biologiques. Nous demandons au gouvernement français de tenir compte de cet avis du Parlement européen et du souhait des consommateurs (de plus en plus nombreux à consommer des produits de l’agriculture biologique, à la fois pour leur santé et pour l’environnement), en refusant de voter pour de telles conditions. Il faut en particulier rejeter l’autorisation, même par dérogation exceptionnelle, des additifs et des traitements vétérinaires issus d’OGM ainsi que de certaines substances chimiques, notamment les pesticides. Le vote de la France doit être cohérent avec le souci exprimé par le Président Nicolas Sarkozy pour la biodiversité et son souhait de reconsidérer notre rapport à la nature. Nous soutenons la manifestation organisée par Nature & Progrès (Belgique, France, Espagne, Portugal) à Bruxelles* le 11 juin 2007 pour la défense de l’agriculture biologique et invitons tous les Français à manifester leur opinion auprès du gouvernement français en participant à la cyberaction organisée en partenariat avec Cyber @cteurs http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=154 * à 12h au Rond Point Schuman, face au Conseil de l’Union européenne Action proposée par : ACAP (Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides) – Acecomed - Action Consommation – Adéquations - Agir pour l’environnement - Association 4D - Bio Consom’acteurs – Cheminements - Europe des consciences - Fédération Nature & Progrès - Greenpeace France – Kokopelli - L’Age de faire - Les Amis de la Terre - MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures) – Objectifbio - Planète Urgence - WWF France, en partenariat avec l’association Cyber @cteurs. Contacts : Action Consommation - Véronique Gallais : vgallais@actionconsommation.org Bio Consom’acteurs – Hugues Toussaint : h.toussaint@bioconsomacteurs.org Fédération Nature et Progrès – Guy Kastler : guy.kastler@wanadoo.fr MDRGF / ACAP – François Veillerette : mdrgf@wanadoo.fr >>> COMMENT AGIR ? C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES : 1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############ 2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte 3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville 4- Rajouter l'objet de votre choix : défense de l'agriculture biologique 5- Adressez votre message aux adresses suivantes : ressource@agriculture.gouv.fr cyberacteurs@wanadoo.fr copie à ministere@ecologie.gouv.fr petitions01@www.elysee.fr Cliquer ici : Vérifiez que les 2 adresses apparaissent bien 6- Envoyez le message Cette cyber @ction est aussi signable en ligne http://www.cyberacteurs.org Par cette action, vous ferez connaître votre opinion a Christine LAGARDE Ministre de l'Agriculture et de la Pêche et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action et en informer nos partenaires Association Cyber @cteurs C/O Alain Uguen 152 rue F.Pelloutier 29000 Quimper ############ Prénom, Nom Profession : Adresse : Localité : Pays : Lettre ouverte à Madame la Ministre de l’agriculture et de la pêche Madame Christine Lagarde Ministre de l’agriculture et de la pêche 78 rue de Varenne 75007 Paris copie à M. Nicolas Sarkozy, Président de la République M. Alain Juppé, Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables Objet : Vote du nouveau règlement européen de l’agriculture biologique Madame la Ministre, Le 10 ou 11 juin prochain, le Conseil européen votera sur un nouveau règlement de l’agriculture biologique. La position de la France est particulièrement importante pour maintenir une production biologique de qualité qui contribue directement à la préservation de l’environnement et des ressources naturelles. Ce nouveau règlement sur l’Agriculture Biologique pourrait représenter un danger majeur : dérogations permettant potentiellement d’utiliser des substances chimiques, dont certains pesticides de synthèse, et des intrants issus d’OGM ; pollution des produits bio par des OGM tolérée jusqu’au seuil de 0,9% ; système d’étiquetage permettant de faire référence à la bio sur un produit majoritairement conventionnel ; contrôle des « points à risque » se substituant à l’actuelle obligation de moyens et contraignant les producteurs à multiplier les analyses et l’achat d’intrants, de matières premières et autres matériels officiellement « sécurisés » ; interdiction de cahiers des charges bio, notamment nationaux (comme celui qui régit le label AB), plus stricts et plus adaptés aux régions que le nouveau cahier des charges européen. Je soutiens les associations qui luttent contre une telle banalisation du cahier des charges de l’agriculture biologique, qui la détournerait de sa nature, de ses spécificités et de ses enjeux. Soucieux du maintien de la qualité des productions biologiques, je vous demande de ne pas voter pour un règlement européen qui inclurait l’ensemble de ces conditions, ou seulement l’une d’entre elles. Le Parlement européen, notamment à travers le rapport de Marie-Hélène Aubert sur la production et l’étiquetage des produits biologiques, adopté par une grande majorité des parlementaires européens ce 22 mai, préconise un encadrement strict des productions biologiques. Je vous demande de tenir compte de cet avis du Parlement européen et du souhait des consommateurs, en refusant de voter pour de telles conditions, et en particulier de rejeter l’autorisation, même par dérogation exceptionnelle, des additifs et des traitements vétérinaires issus d’OGM ainsi que de certaines substances chimiques. Une décision contraire serait incompatible avec le souci exprimé par le Président Nicolas Sarkozy pour la biodiversité et son souhait de reconsidérer notre rapport à la nature. L’engagement de la France pour conserver un règlement strict pour l’agriculture biologique serait par ailleurs un signe positif vers les citoyens français, confiants dans le label AB et de plus en plus nombreux à consommer des produits de l’agriculture biologique, à la fois pour leur santé et pour l’environnement. Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes respectueuses salutations. ############
Par train de vie - Publié dans : agriculture
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 06 2007 14:26

Agriculture bio : Grenelle ou Waterloo de l'Environnement ?


   Le gouvernement français soutient la Commission européenne qui tente de
démonter la règlementation de l'agriculture Bio. Mme Lagarde, ministre
de l'agriculture, a voté ce matin en faveur de ce texte scandaleux
malgré les assurances données par le gouvernement aux associations
écologistes.

L'agriculture bio est une épine dans le pied des industries chimiques,
biotechnologiques et des semenciers. La Commission propose donc tout
simplement d'autoriser la contamination des produits biologiques, par les
OGM (à hauteur de 0,9%) et les pesticides. La Commission s'aligne sur les
exigences des multinationales et veut rabaisser l'agriculture bio au
niveau de l'agriculture dite « raisonnée » qu'elles soutiennent (1).

   Le Parlement européen, seule instance européenne élue directement par
les citoyens, a voté contre la Commission mais les Ministres ont
préféré suivre l'avis de la Commission.

Christian Berdot, responsable de la campagne OGM des Amis de la Terre
s'indigne de la duplicité des autorités françaises : « Le gouvernement
français s'était « engagé à ne pas prendre de décisions contraires à nos
requêtes d'ici les prochaines discussions et la convocation du Grenelle
de l'Environnement ».
Pourtant, à la première occasion, il renie ses engagements ! Face à
l'explosion des cancers, allergies et maladies dégénératives, de plus en
plus de citoyens exigent des produits sains, sans OGM et sans chimie.
Mais au lieu d'imposer aux cancres pollueurs une amélioration des
pratiques agricoles, le gouvernement demande au "meilleur élève de la
classe" de laisser cochonner son travail ! Le gouvernement soutient
ouvertement les lobbies de la chimie, des biotechnologies, des semenciers
et leur pseudo « agriculture durable » pour mieux piétiner au pied la
protection de la santé et de l'environnement ! Ce n'est plus Grenelle
qu'on prépare, mais Waterloo !
»

Pendant que Mr Juppé évoquait un hypothétique « moratoire sur les OGM »,
Mme Lagarde préparait ce coup bas contre l'environnement. Alors même que
la FAO reconnait que l'agriculture biologique (2) peut nourrir le monde
et que les Amis de la Terre démontrent que la politique pro-OGM de
l'Union européenne n'a aucune justification économique (3).


(1) voir l'article sur FARRE : « Agriculture raisonnée ou ... un drôle de
réseau de protecteurs »
http://www.amisdelaterre.org/FARRE-l-Agriculture-Raisonnee-ou.html

(2)Rapport de la FAO : « Agriculture biologique et sécurité alimentaire »
http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000550/index.html

(3)Rapport des Amis de la Terre « Mid-term review or mid- life crisis ? » :
http://www.foeeurope.org/publications/2007/FoEE_biotech_MTR_midlifecrisis_March07.pdf



Anne Bringault

Directrice Les Amis de la Terre-France
2B rue Jules Ferry 93100 Montreuil
Tél. : (33) (0)1 48 51 18 91
Std : (33) (0)1 48 51 32 22
Fax : (33) (0)1 48 51 95 12
email :
coordination@amisdelaterre.org
   Site : www.amisdelaterre.org

Par les amis de la terre - Publié dans : agriculture
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 07 2007 09:31
    Dans un précédent article, nous avions déjà évoqué la permaculture comme pratique agricole alternative, respectueuse de la terre et de ses habitants. C'est aussi ce que propose la méthode biodynamique, que nous avons découvert à Solborg en Norvège. Les mêmes questions se posent : Que mangeons nous ? La Terre a-t-elle encore la capacité de nourrir les hommes ? Comment remédier à la dégradation des sols ? Comment relier l'homme et la Terre ? L'idée d'une production (agriculture) durable, respectueuse de l'environnement, satisfaisante sur le plan quantitatif et qualitatif, n'est pas nouvelle.

Les origines de l'agriculture biodynamique

    En 1924, Rudolf Steiner, fondateur de l'anthroposophie1 , pose les fondements de l'agriculture biodynamique à l'occasion de conférences, à la demande d'agriculteurs inquiets de voir les maladies se propager et la qualité se dégrader. Voici sa définition de l'agriculture biodynamique :
« L'agriculture biodynamique est une agriculture assurant la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux Hommes. Elle se base sur une profonde compréhension des lois du « vivant » acquise par une vision qualitative/globale de la nature. Elle considère que la nature est actuellement tellement dégradée qu'elle n'est plus capable de se guérir elle-même et qu'il est nécessaire de redonner au sol sa vitalité féconde indispensable à la santé des plantes, des animaux et des Hommes grâce à des procédés « thérapeutiques »2

A cette période, l'agriculture intensive faisait l'objet de nombreuses critiques : utilisation généralisée d'engrais chimiques, de produits phytosanitaires, dégradation de la faune et de la flore, des nappes phréatique... La biodynamie a pour but d'obtenir une alimentation saine avec un rendement optimum, tout en évitant d'épuiser les sols par une exploitation intensive, et en l'aidant à se régénérer.
Cette méthode a surtout été développée et expérimentée par les agriculteurs dans plusieurs domaines : l'agriculture, la viticulture, la production de semences, l'élevage, l'apiculture, et l'entretien du paysage.

Les objectifs

    L'objectif principal de cette méthode est de créer un organisme  agricole harmonieux, équilibré, indépendant et capable de se développer de manière viable. La ferme est considérée comme un organisme : ce terme englobe tout ce qui fait partie de la ferme, soit les hommes, les animaux, le sol, les plantes, mais aussi l'environnement qui les entoure, les saisons, les bois et les ruisseaux etc. Ces éléments sont interactifs. La ferme peut fonctionner dans l'idéal en cercle fermé : la nourriture y est produite, pour les hommes et les animaux, les déchets réutilisés.

    Voici quelques-uns des principes de l'agriculture biodynamique :
-  Rotations longues des cultures,3
-  Gestion intégrée du fumier d'étable,
- Performance quantitative et qualitatives durables sur le plan écologique et économique,
-  Pas d'ogm ni d'engrais de synthèse etc...

    L'homme donne un coup de pouce à la terre en l'aidant à se régénérer. Il s'agit aussi de fournir une alimentation saine, et de développer un autre rapport à l'environnement et au vivant. La nature et la ferme sont des outils pour mettre en pratique de nouvelles responsabilités vis-à-vis de la terre et ouvrir de nouvelles perspectives sociales sur les fermes. Celles-ci sont ouvertes à la formation, la réinsertion, l'accueil pédagogique ou de loisirs, et de nouveaux rapports se créent avec le consommateur.

Les spécificités de la biodynamie

    Comme l'agriculture biologique, cette méthode se base sur l'utilisation de compost et la fertilisation des sols. En biodynamie sont utilisés différentes infusions, purins et préparations à base de plantes dans la lutte contre les parasites (absinthe, tanaisie, raifort..), ainsi que l'utilisation de minéraux ( poudre d'algues calcifiée, poudre de minerai de cuivre).
Il existe cependant 8 préparations spécifiques à la biodynamie, élaborée à partir d'indications fournies par Rudolph Steiner. Six préparations à ajouter au compost sont élaborées à partir d'achillée millefeuille, de camomille, d'ortie, d'écorce de chêne, de pissenlit et de valériane. Les deux autres préparations sont à base de fumier de vaches et de silice cristallisée (quartz). Eric, jardinier à Solborg, compare cela à l'homéopathie : une petite quantité de produit est répandue sur un organisme, ce qui va l'aider à lutter efficacement contre les maladies et à se régénérer.

    Une autre spécificité est la relation au cosmos, la prise en compte du rythme des saisons, du rythme lunaire et parfois des planètes. Un calendrier des semis a été mis au point, indiquant les périodes les plus favorables pour récolter, planter, effectuer ses préparations.

Une efficacité certaine ?

    Ceux qui l'ont mise en pratique l'affirment. Les produits sont de bonne qualité, sans produit chimique, respectueux du cycle naturel. A ma connaissance, cette méthode n'est pas scientifiquement fondée. Mais outre les performances et les preuves, cette méthode est néanmoins saine pour la terre et pour les hommes qui l'entourent, et surtout riche en liens. Au-delà de la qualité de la production, la ferme redevient un lieu de vie et d'échange, de curiosité et d'étonnement.


Pour plus d'informations, sur le web:
http://www.bio-dynamie.org/
fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biodynamique
www.biodynamie.qc.ca/
http://www.solborg.net/english/archive.html
Ou encore en nous ecrivant:
traindevie@no-log.org

1  Anthroposophie : science spirituelle élaborée au début du XXe siècle par Rudolf Steiner, qui ouvre d'une part la voie à une perception et à une compréhension approfondie des principes régissant l'être humain et la nature et d'autre part à une action inspirée de cette perception. Elle a entre autres engendré les écoles Steiner, la culture bio-dynamique, une démarche scientifique d'inspiration sociale, ainsi qu'une médecine et une pharmacie anthroposophique. Cette science spirituelle élargit la vision matérialiste de la nature et de l'univers. Partant des acquis de la science positive, elle ouvre de nouveaux horizons aux méthodes d'investigation classiques en leur adjoignant une dimension spirituelle. L'objet des sciences humaines d'obédience anthroposophique est d'étudier d'une part l'être humain dans son individualité - qui s'exprime corporellement, psychiquement et spirituellement dans le monde - et d'autre part l'environnement naturel, psychique et spirituel de l'homme.
http://cdcp.free.fr/dossiers/anthrodef/anthro_f.htm
 
2 Rudolph Steiner, http://www.bio-dynamie.org/

3 La rotation longue des cultures consiste à intercaler différentes cultures : Cultures de printemps/cultures d'hiver, Cultures « nettoyantes »/cultures « salissantes », légumineuses/cultures exigeantes en azote. Elle contribue fortement à la maîtrise des « mauvaises herbes », la prévention contre les maladies et les ravageurs, la gestion optimisée de la fertilisation

Par Marine - Publié dans : agriculture
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