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Dimanche 29 avril 2007 7 29 04 2007 16:22

¡Buenos Dìas! Bonjour à tous,

Nous voici arrivées en Espagne à Madrid depuis mardi 10 octobre, 7h du matin, et la ville était déjà en activité: beaucoup de personnes dans le métro et dans les rues, beaucoup de voitures et de travaux.

  Ensuite nous avons rejoint Matavenero, le premier écovillage de notre parcours. Il se situe au Nord-Ouest de l'Espagne dans les Montagnes du Leon, entre Astorga et Ponferrada. Il y a environ 80 habitants, et Matavenero est très peu accessible en voiture: les visiteurs peuvent le rejoindre après 1h30 de marche dans les montagnes.

 

 Cet ancien village abandonné a été reconstruit à partir de 1989, à la suite d'un rassemblement Rainbow, par des personnes désireuses de vivre dans un environnement plus sain et respectueux de l'environnement. Les premiers habitants étaient allemands, désormais, c'est un village interculturel: on y rencontre espagnols et allemands, mais aussi suisses, anglais, portugais... Au début, la terre était morte, dévastée par des incendies. Les premiers colons ont tout replanté, tout créé. Ils ont reconstruit des maisons après avoir vécu en tipis.

Ils ont installé des panneaux solaires sur leurs maisons en bois et en pierre, ainsi il n'y a pas de ligne électrique et le village est autonome en énergie. On n'y trouve ni internet ni télévision. Le téléphone est collectif.

 Les montagnes sont désormais pleines de ressources naturelles que les habitants ont appris à exploiter: sources et ruisseaux, arbres fruitiers et châtaigners, plantes diverses...Ils recueillent l'eau pour se laver, pour boire et faire la cuisine. Quand à nous, nous nous lavons dans la rivière, avec du savon biodégradable bien sûr! Certains font leur jardin et d'autres élèvent des animaux: vaches, poules etc...Certains ont des ânes et des chevaux pour se déplacer ou porter les choses lourdes.Certains sont autonomes à 100 %, d'autres travaillent à l'extérieur et vont au supermarché faire leurs courses...  

Il y a des lieux communs aux habitants, dont tout le monde doit s'occuper: le bar, l'école, le magasin et la cuisine commune oú sont accueillis les visiteurs comme nous. La vie ici est très libre, tout le monde peut venir y passer quelques jours ou des mois, se reposer ou participer à tout, il y a beaucoup de tolérance et d'acceptation de l'autre. La vie est simple et agréable (quoiqu'il fait froid et qu'il pleut), les gens ouverts et accueillants.

L'école fonctionne depuis la création du village, et il y a 12 élèves de 4 à 11 ans et 2 professeurs, qui parfois viennent de l'extérieur et parfois non. Nous vous donnerons plus d'informations sur l'école la prochaine fois, car nous n'avons pas pu rencontrer les professeurs.

En ce moment, l'activité principale est le ramassage de châtaignes, de pommes et de poires et leur conservation afin de préparer l'hiver. Nous les préparons grillées sur le feu ou en purée. Plusieurs maisons sont également en construction ou en réparation.

 Voilà donc quelques nouvelles de notre première semaine, quelques observations et impressions. N'hésitez pas à nous poser des questions sur les choses qui vous intéressent le plus. Nous y répondrons lorsque nous reviendrons en ville pour accéder à internet.

 

 A très bientôt!! Hasta Luego!

Marine et Thérèse-Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Train de vie
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 04 2007 16:38

 Bonjour à tous !

 

 

 

  Nous avons quelque peu modifié notre itinéraire de départ, et sommes à Terramada dans le sud-est du Portugal depuis deux semaines.

 

 

 

  Terramada (« Terra aimée ») n’est pas exactement un village, plutôt un hameau dépendant du village de Tanoiero, près de Castro Marim. Un terrain de 10 hectares fut acheté voici 20 ans par un jeune couple français voulant vivre dans un environnement sain et naturel. Au fil des années, ils ont en partie reboisé le terrain aride, retapé la maison existante, cultivé et accueilli de nombreuses personnes de passage. Il y a quatre ans qu’ils ont participé à la création de l’association Terramada, qui vise à lutter contre la désertification des sols et développe la permaculture. Actuellement, quatre personnes vivent en permanence sur le lieu, qui comprend vergers, potagers, pépinières, habitations, panneaux solaires et éolienne… Ils souhaitent dorénavant mieux se structurer pour pouvoir accueillir les visiteurs dans de bonnes conditions, et communiquer autour de la permaculture.

 

 

 

  Qu’est-ce-que la permaculture ?

 

  La permaculture développe (entre autres) un système d’agriculture simple qui demande peu d’énergie pour un grand rendement. Elle propose une alternative aux pratiques agriculturelles intensives occidentales, ainsi qu’aux productions agricoles vivrière et villageoises des pays en voie de développement.

 

Pour Fukuoka[1], il s’agit de travailler avec et non contre la nature. Voici les principes de l’agriculture sauvage selon Fukuoka, méthode qu’il qualifie de « non-agir » et qui est à la base de la permaculture:

 

  - Pas de préparation de sol, pas de labour

 

  - Pas d’engrais chimique ni de compost préparé

 

  - Pas d’élimination des herbes indésirables pas sarclage ou herbicide, mais utilisation de ces plantes (mulch, paillage…)

 

  - Pas de dépendance aux produits chimiques. Un équilibre se crée entre insectes, maladies, nuisibles etc…

 

  La méthode, qu’il a développé pendant 40 ans, dépense moins de travail et cause moins de dégâts à la nature qu’aucune autre méthode tout en maintenant les mêmes rendements que ses voisins utilisant une agriculture traditionnelle ou des produits chimiques.

 

 

 

  Pour Mollison[2], voici les caractéristiques fondamentales de la permaculture :

 

  1. « Possibilité de mise en valeur de la terre à petite échelle

     

  2. Utilisation du sol plus souvent intensive qu’extensive

     

  3. Diversité des espèces végétales, des variétés employées, de la production, du microclimat et de l’habitat

     

  4. Accent mis sur un processus évolutif s’étendant sur plusieurs générations

     

  5. Emploi d’espèces sauvages ou peu sélectionnées (plantes et animaux) comme éléments du système

     

  6. L’intégration de l’agriculture, de l’élevage, de la gestion de la forêt existante et de la tonte des animaux devient possible, cependant que l’aménagement du terrain par les moyen du génie rural se justifie

     

  7. La permaculture peut s’appliquer aux terres rocheuses, marécageuses, marginales, à forte pente, qui ne conviennent pas à d’autres systèmes »[3]

     

 

 

  Un « jardinier du dimanche » peut réussir à faire un potager en allant dans son jardin une fois par semaine ! Cette méthode d’agriculture utilise peu d’énergie et sait tirer parti de l’énergie naturelle disponible. Le milieu est considéré dans sa globalité : chaque élément a plusieurs fonctions et chaque fonction dépend de plusieurs éléments, il s’agit de bien planifier au début. La permaculture intègre également tous les aspects de la vie de l’homme (économie, habitat etc…) en tenant compte des besoins.

 

 

 

  Fukuoka a travaillé pendant une quarantaine d’année autour de la permaculture. Au japon, après avoir prouvé que « l’agriculture sauvage », naturelle, pouvait être aussi, voir plus performante, que l’agriculture traditionnelle, ou l’agriculture utilisant des produits chimiques, toutes ses terres ont été rasées par l’état japonais mais cela n’a pas empêché son enseignement de se répandre. A l’heure actuelle, alors que certains prônent l’utilisation des OGM (dont on ne connaît toujours pas les effets à long terme) comme l’une des principales solutions au problème de la famine, d’autres mettent en pratique et informent sur la permaculture qui semblent être une alternative beaucoup plus saine pour un avenir durable : d’une part parce qu’ elle dépense moins d’énergie, donc moins d’argent, et d’autre part parce qu’elle s’adapte à tout type de terrain. Elle permettrait aux pays en voie de développement d’être autonomes au niveau alimentaire, par rapport aux pays occidentaux.

 

 

 

  C’est pourquoi, il nous a semblé nécessaire de consacrer une newsletter a ce sujet… Bien qu’il soit évidemment important de manifester son mécontentement contre les OGM ou l’agriculture intensive, il nous semble primordial de proposer des alternatives concrètes et de les mettre en pratique. C’est d’abord dans nos jardins que le changement commence… alors, à vos pelles !

 

 

  Sinon, pour les nouvelles plus personnelles, tout va très bien pour nous… C’est sous un ciel resplendissant et sans nuage, ou sous la tempête, que nous passons nos journées… Comme vous l’aurez sûrement compris, nous apprenons beaucoup ici et nous sommes très occupées. Pendant plusieurs jours, il y a eu de très très fortes pluies, du coup, un mur protégeant un verger de l’inondation, s’est écroulé… il a fallu le reconstruire assez vite…

 

 

  A coté de la caravane où nous dormons, toujours suite aux pluies, une partie de la falaise s’est écroulée. Nous avons profité des pierres et déblayé pour construire une petite terrasse qui pourra servir de potager… Nous avons aussi eu le plaisir d’aider des électriciens à monter des panneaux solaires rotatifs !  Ces personnes habitent elles aussi dans un écolieux créé il y a 2 ans et tentent d’y investir leurs voisins pour que, peur être plus tard, il devienne écovillage.

 

 

 

  Les personnes qui nous accueillent sont vraiment très sympas ! Nous avons eu le plaisir de partager beaucoup de temps avec elles, pendant différents travaux, mais aussi à l’occasion de repas : autour du feu, soirée crêpes et ce soir… tartiflette !!!

 

Le cadre est super, tout vert, malgré la sécheresse et grâce à la permaculture…Nous sommes les pieds au bord d’un lac, dans lequel nous avons pu nous baigner en plein mois de novembre !

 

 

 

 Voilà voilà, pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter, et à aller consulter les références en fin de lettre !

 

 

 

 Vertes salutations,

 

 Marine et Thérèse-Marie

 

Le 20-11-06

 

 

 

 

 

Références :

 

-         MOLLISON Bill, « Permaculture 1 », 1986, Edition Debard et « Permaculture 2 », 1993, Edition Equilibres (pour les éditions françaises)

 

-         FUKUOKA Masanobu, « La révolution d’un seul brin de paille », 1983, Edition de la Maisnie (pour l’édition française)

 

-         Site de Terramada

 

-         Site de Nelson

 

-         Nature et progrès

 

 

 



[1] FUKUOKA Masanobu, « La révolution d’un seul brin de paille », 1975, Paris, Edition de la Maisnie (pour l’édition française)

[2] MOLLISON Bill, « Permaculture 1 » et « Permaculture 2 », 1978, 1981, Editions équilibres (pour l’édition française)

[3] Ibid.2, p. 21 (Permaculture 1)

 

Par Train de vie
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 04 2007 16:51

Bonjour à tous !

 

 

 

Nous sommes finalement toujours en Espagne, et avons visité un troisième lieu : El Pardal, ferme située dans la Sierra de Cazorla.

 

 

 

Depuis 1981, une famille allemande y est installée. Le papa, Wolfgang (ou Amiro pour les espagnols) est responsable du lieu et y vit avec deux de ses enfants de 15 et 17 ans. Ils vont tous les deux au collège ou lycée où ils sont à l’internat pendant la semaine.  Leur maison est très isolée, à 1h30 de route de la première ville, ou a 3h de marche du premier village.

 

Nous avons été une fois de plus très bien accueillies et sommes restées dans ce lieu une semaine et quelques jours. Nous avons participé à différents travaux en échange de la nourriture et du logement. Tous les jours, nous avons trait les chèvres.  Nous avons nettoyé l’étable pour nous servir ensuite du caca des chèvres comme compost pour le potager, nous avons aménagé un étang…et bien sûr participé aux tâches de la vie quotidienne.

 

 

 

Ce lieu tend vers l’autosuffisance. Il est complètement autonome au niveau énergétique : deux panneaux solaires et une éolienne sont les sources d’électricité. Une turbine à eau «fabrcation  maison » est en cours d’installation. Les habitants utilisent l’eau d’une source de la montagne qu’ils filtrent afin de pouvoir l’utiliser. Ils consomment au maximum les produits de la ferme : yaourt et lait de chèvre, légumes du potager, œufs des poules. Ils font eux-même leur pain à base de différentes céréales moulu dans un appareil qu’ils ont construis.

 

Ils développent également certains principes de permaculture : le caca de chèvre est récupéré pour le potager, il est réparti sur les anciens lits d’asperges, et sert à anéantir les mauvaises herbes. Ensuite, le paillage et les cartons servent à recréer l’humus.

 

 

 

Cette ferme est membre du réseau WWOOFF, un réseau de ferme biologique à travers le monde, qui permet aux personnes intéressées de venir y passer quelques semaines ou quelques mois. La ferme est également ouverte à ceux qui veulent venir s’y installer pour y vivre à plus long terme .

 

 

 

Jusqu’ici, nous avons donc visité 3 lieux situés en milieu rural. Tous ces lieux sont ouverts aux visiteurs et aux personnes désireuses de s’y installer. Tous tendent vers l’autosuffisance, mais ne le sont pas complètement. Au niveau énergétique, ils sont tous autonomes . La limite se situe plus au niveau alimentaire et aux objets d’utilisation domestique courante (bougies, outils, éponges…) ; l’aspect financier est aussi un facteur important. Certains bénéficient d’aides de l’état, ce qui leur permet de se consacrer entièrement à leur activité, mais d’autres comme à Terramada doivent travailler à l’extérieur pour gagner de quoi acheter le minimum.

 

 

 

Nous attendons maintenant le mois de janvier pour rejoindre notre prochain écovillage en Italie, après les fêtes de Noël.

 

 

 

 

 

Joyeuses fêtes à tous !!!

 

 Therese-Marie et Marine

 

Par Train de vie
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 04 2007 17:04

Bonjour à tous !!! Buon giorno !!!

 

 

 

Quelques petites nouvelles de Venise…

 

 

 

Nous avons passé presque un mois dans une ferme biologique associative. Ce lieu s’appelle Podere il Casale et se situe dans la région de Toscane, près de Montepulciano. Il a été créé par des Suisses allemands. A la base, ils étaient une dizaine de personnes à vouloir s’investir dans un projet écologique, certains voulant y vivre et d’autres participer financièrement. Aujourd’hui, il n’y a plus que Sandra, Ulysse et leurs 5 enfants qui occupent les lieux quotidiennement.

 

Depuis sa création en 1991, ce lieu n’a cessé de développer des activités. Ils produisent différents aliments italiens tels que des pâtes, de l’huile d’olive, ou encore des sauces… Ils élèvent des moutons, des chèvres, des cochons… la présence d’autant d’animaux a conduit à la création d’un poste à plein temps, actuellement occupé par Marco ! Il y a trois ans, ils ont aussi ouvert une fromagerie. Ils utilisent le lait de leurs animaux afin de fabriquer de la ricotta et différents fromages de brebis et de chèvre. En été, Podere il Casale est aussi un lieu d’agri-tourisme, secteur particulièrement développé en Toscane. Camping et restaurant, ils accueillent de nombreux groupes de voyageurs venus déguster leurs spécialités. Ils donnent aussi des cours de cuisine. Une quatrième personne, Massimo, intervient dans tous les secteurs : cueillette des olives, entretien des vignes, comptabilité… Un allemand devrait venir s’installer dans les mois à venir pour s’occuper plus particulièrement des vignes et pour faire du vin !

 

Bref, à l’heure actuelle, on peut dire que ça fait beaucoup de travail pour seulement 4 personnes… Et c’est justement là qu’on intervient…

 

Il y a beaucoup de visiteurs qui comme nous, veulent avoir une expérience dans l’agriculture biologique, qui travaillent à la ferme et qui, en échange, sont nourris et logés.

 

            Lors de ces 3 semaines, nous avons passé beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps avec les animaux, et en particulier avec les moutons… Et oui, nous avons joué les bergères !!! Nous avons aussi appris comment sont nourris les animaux des fermes biologiques,  comment un agneau est élevé « sous la mère » (expression définissant un animal qui à grandi en tétant sa mère),  comment il est ensuite abattu… 

 

            Nous avons aussi pu continuer notre apprentissage dans la création d’un potager en plantant des fèves et des salades. Nous avons ensuite recouvert le sol de paille et feuilles mortes afin de protéger nos plantations, comme nous l’avions appris en permaculture à Terramada. Et ça a marché ! Les jours suivants, il a fait très froid, le sol a gelé, il a neigé, et nos plantes se portent toujours très très bien !Nous avons aussi travaillé dans les vignes pour les tailler avant le printemps.

 

La ferme reçoit la visite d’écoles primaires, pour observer les animaux et le fonctionnement de la ferme. Un camping accueille aussi beaucoup de vacanciers pendant l’été. A cette même époque un restaurant est ouvert, accueillant de nombreux groupes de touristes, venus déguster les poduits de la ferme.

 

 

 

  Encore un lieu très riche en expériences instructives ! Seul bémol, la ferme exporte une grande partie de ses produits à l’étranger : au japon, en Allemagne, aux Etats-Unis… D’un point de vue écologique, il serait d’autant plus intéressant de favoriser la consommation locale. Les propriétaires eux-mêmes pointe cette incohérence en précisant que les pâtes prennent l’avion mais pas eux. Ils expliquent avoir fait ce choix pour des raisons avant tout économiques.

 

 

 

 Nous vous embrassons !

 

Arrivederci, Ciao !!

Thérèse-Marie et Marine

 

 

 

Par Train de vie
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 04 2007 17:15

Bonjour à tous ! Yo nopott !

 

 

 

   Voici quelques informations supplémentaires sur le village de Gyürüfü, que nous venons de quitter pour rejoindre Ecotopia en Roumanie.

 

 

 

   Gyürüfü se situe au milieu des bois. Ce village a été reconstruit au milieu des années 90, après avoir été abandonné pendant 20 ans : le régime communiste de l’époque a arrêté les subventions d’un bon nombre de petits hameaux et villages, pour privilégier le développement de plus grosses entités. Nous avons été accueillies chez Imre, qui est, avec quelques autres personnes, à l’origine de ce projet mis en marche en 1990. Il a créé la fondation Gyürüfü dont l’objectif principal était de profiter de la transition entre le régime communiste et le capitalisme pour développer un nouveau mode de développement et construire un village écologique.  Elle a ainsi pu racheter les 174 hectares de l’ancien village. L’association GYÜRÜFÜ a été créée afin de contrer le mécanisme rigide de la fondation GYÜRÜFÜ.

 

   Depuis 1999, une dizaine de familles y sont installées. Elles développent diverses activités : élevage de chèvres et fabrication de fromage, élevage de vaches, gîte pour accueillir les touristes et les visiteurs à court terme et accueil de classes vertes... D’autres travaillent à l’extérieur.

 

Le village a été construit en harmonie avec la nature. Des technologies très simples ont été utilisées. Les maisons sont toutes construites à partir de matériaux locaux et écologiques (paille, boue, anciennes tuiles…). Gyürüfü veut exporter ces techniques de construction, c’est pourquoi la fondation organise des cours et des réunions à ce sujet.

 

 

   L’eau provient de sources et de puits. Elle est d’excellente qualité. Les eaux usées sont filtrées par un lit de roseaux.

 

Les deux tiers des besoins énergétiques des foyers sont fournis par l’énergie thermique. Les maisons sont très bien isolées. Les cheminées ont été construites de manière à réchauffer toute la maison grâce à un système permettant d’ alimenter en chaleur tous les chauffages de la maison, ainsi que l’eau. En été, l’eau est chauffée par des panneaux solaires.

 

Les aliments de Gyürüfü sont essentiellement produits sur place. La plupart des maisons ont un jardin potager fournissant des légumes et des fruits. Le lait et ses dérivés, les œufs et la viande, sont achetés aux fermiers du village.

 

  

   Des taches collectives sont prises en charge par les membres du village, mais sont peu nombreuses. Ainsi, 2 personnes alternent pour conduire le bus scolaire. D‘autres s’occupent de l’aspect administratif du village. Un « cahier de services rendus à la commune » est mis à jour régulièrement. Le président de la commune peut procéder à des contrôles si besoin, mais apparemment, cela n’arrive jamais. Bref, ces services rendus facilitent le fonctionnement du village mais ne sont pas devenus des charges pour les habitants. Il n’y a pas de maire car Gyürüfü est rattaché à Helesfa, la commune la plus proche. Cependant, le village est représenté par 3 personnes élues pour 4 ans. Les décisions les plus importantes sont prises par tous les habitants du village, à l’unanimité. C’est un fonctionnement qui demande beaucoup de patience car certains points doivent être discutés et rediscutés afin d’arriver à un consensus.

 

 

 

   Pendant ces 2 semaines et quelques jours, nous avons surtout aidé Imré à débroussailler son terrain pour qu’il puisse y réimplanter un potager. Nous avons aussi dégagé les briques de terre cuite des maisons de l’ancien village qui étaient enfouies sous la terre. Elles serviront à construire un four à pain extérieur, etc…

 

 

 

   Mardi, nous avons eu l’occasion de visiter un autre village nommé Visnyeszéplak, à quelques dizaines de kilomètres de Gyürüfü. Une centaine d’habitants y vivent et ils sont en grande partie autosuffisants : on y trouve des fermiers et agriculteurs, des artisans. Le fonctionnement de leur école est très intéressant. Les enfants sont divisés en 2 groupes (grands et petits). Les parents participent tous à l’éducation des enfants. les élèves vont de maison en maison rejoindre leur professeur de chant, de biologie, d’anglais ou de géographie… Les cours sont très pratiques. Les professeurs s’appuient sur leur environnement naturel pour intéresser les enfants. Arrivés à 15 ans, les élèves rejoignent alors le collège à la ville voisine.

 

 

 

   Nous quittons encore une fois avec regret cette ambiance chaleureuse, pour rejoindre Ecotopia, en Roumanie.

 

 

 

    A bientôt ! Visslat

 

    Thérèse-Marie et Marine

 

Par Train de vie
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